bonnes

D'après jean genet

Crée au Festival Frichorama 2017 à Reims.

D’après Les Bonnes de Jean Genet.

Autres extraits: De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité de Jacques Lacan, Iphigénie de Jean Racine, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir @ éditions Gallimard, Hamlet-machine d’Heiner Müller traduction Jean Jourdheuil. 

 

Conception-mise en scène / Julien Royer.

  Dramaturgie / Angel Liegent.

Interprété par / Nathalie Azam, Pauline Méreuze et Julien Royer.

Avec la participation d’Eline Grao.

Musiques / Cyril Noël.

Lumières-vidéo / Stephane Bordonaro et Nicolas poix.

Décor-masques-marionnettes / Manon Choserot  et Julien Royer.

Regard chorégraphique / Marinette Dozeville.

 Costumes / Jennifer Minard.

Confection voilages / Béatrice van-Hecke.

 Administration / Anita Thibaud.

 

Production: Collectif Plastics Parasites. 

Le spectacle est soutenu par:

le Jardin Parallèle, fabrique marionnettique et laboratoire d’écritures nouvelles.

La Fileuse-friche artistique  de la ville de Reims.

 Le Manège -scène nationale de  Reims pour la mise à disposition du Studio.

Le Cellier / Reims.

Le Collectif Plastics Parasites est soutenu par la Région Grand-Est, le Conseil Départemental de la Marne, la Ville de Reims.

 

"Vous vous apercevez de ma solitude, enfin ! Maintenant, je suis seule. Effrayante. Je pourrais vous parler avec cruauté mais je peux être bonne"

« Bonnes, le mot prend ici toute sa force d’exclusion »

 

BONNES est un récit fragmenté surréaliste, un polar alliant corps-objets-images et relatant du paradoxe humain dominant/dominé autour d’un fait divers sordide: les soeurs Papin. Deux bonnes qui dans une furie sanguinaire assassinèrent leur maitresse au Mans en 1933. 

 

Une intrigue simple et efficace qui pourrait assouvir les besoins d’audience de la télé-poubelle, étalant des faits divers comme pamphlets moralistes et suscitant la paranoïa collective. 

Or, beaucoup d’auteurs se sont inspirés de cette affaire: des psychiatres, philosophes, écrivains, cinéastes, sociologues, journalistes… Ce fait divers trouve donc son universalisme à travers le temps, certains compareront ces bonnes à des monstres, « des brebis enragées »  d’après le journal Détective  et d’autres à des « anges » comme Simone de Beauvoir qui couvrira leurs procès pour le journal l’Humanité.

 

BONNES est certes une adaptation de la pièce de Jean Genet mais aussi les points de vue des personnages et des auteurs qui composent tous ces récits habités par l’affaire des soeurs Papin ou des symboles qui y sont associés. Avec le Collectif Plastics Parasites, nous cherchons donc à mettre en évidence un espace mental dans lequel les visions s’entrecroisent. Notre univers est un théâtre des métamorphoses, nous prenons une certaine distanciation à travers la transformation constante du plateau, de nos corps (marionnettes, masques, vidéo et caméra live). Les personnages que nous créons sont comme des icônes, des monstres, des fantômes issus d’un conte comme le disait Genet, il y a une force tragique en eux car c’est avant-tout la dramaturgie de l’impasse, du sacrifice et de l’auto-punition.

 

Qui sont elles ces Bonnes? Des fantasmes. Des symboles de l’uniformisation de notre société. Madame, Claire, Solange sont des femmes auxquelles on a enlevé toute trace d’’humanité, elles sont  des poupées qu’on agite en vain comme des marionnettes, elles n’ont plus aucune utilité sociale, ni même d’intimité. On ne les considère plus que comme  « bonnes ». Au sens propre comme au figuré. Il y a les domestiques face à la bourgeoise et ce qui les relie, c’est la domination patriarcale, le mythe de la femme objet. Et au delà du genre, BONNES interroge cette obsession humaine: la ségrégation, l’exclusion. 

      

Julien Royer.

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