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Jusqu'aux cendres, Paul vermesch

"quelque chose est en train de se passer à l’intérieur de moi une image c’est comme si mon corps recréait malgré moi une image dont il avait besoin elle apparaît très nettement devant mes yeux"

Création 2028​

À partir de 16 ans.

Texte / Paul Vermesh 

Mise en scène - interprétation / Julien Royer

Collaboration artistique / Logan Person

Conception de l’installation numérique : Hugo Petit 

Composition musicale et conception sonore : Hélène Breschand (Harpe) et Uriel Barthélémi (Batteur, électro-accousticien)

Administration : Anita Thibaud - E222 groupement d’employeurs

Production :  Plastics Parasites

​Co-production : Jeunes Textes en liberté, La Fileuse -friche artistique de la Ville de Reims

Soutiens : Le Vivat, Armentières

texte lauréat de l'aide nationale à la création de textes dramatiques  Artcena

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Jusqu’aux Cendres est une performance théâtrale immersive qui reconstitue ce qu’on appelle un rape trauma syndrome ( trouble du stress post-traumatique après un viol) à partir du texte de Paul Vermesch, lauréat de l’aide nationale à l’écriture de textes dramatiques Artcena. 

 

Un jeune homme tente de retracer sa mémoire suite au viol qu’il a subi, à travers la description des moments précis qui l’ont fait plonger vers la dissociation, la dépersonnalisation, la déréalisation. Des instants suspendus où la réalité se dissout à la fois dans l’ultra-précision des objets, des espaces qui l’entourent et des sensations qui le traversent et à la fois dans un flou constant qui le maintient sidéré et impuissant face à ces situations. Entre tentative de reconstitution d’une réalité altérée et rêveries intérieures, le texte trouve son universalisme en faisant état des troubles communs aux victimes d’agressions sexuelles : un puzzle émotionnel, une fragmentation du moi, une ruine intérieure qu’il faut déchiffrer pour se reconstituer, se relever et se raccrocher de nouveau à la vie.

 

Comment se reconstruire après, que reste-t-il quand tout semble impossible ?

 

Les phénomènes d’emprises et les rapports de domination, tant questionnés dans nos sociétés contemporaines, traversent mes mises en scène (Parasites de Marius von mayenburg, Passif d’Angel Liegent, Bonnes d’après Jean Genet). Dans cette nouvelle création, il y a d’abord le désir de faire entendre un texte inédit d’un jeune auteur dont les mots sont à la fois le point de départ d'une réparation intérieure et des armes contre la violence. Ce texte m’est apparu nécessaire parce qu’il s’inscrit aussi dans les nouveaux récits dramatiques où les violences sexuelles sont entendues et notamment au sein de la communauté LGBTQI+ et parce qu’il vient interroger mon histoire personnelle.

 

La création de Jusqu’aux cendres est le fruit d’une rencontre rendue possible par Jeunes textes en liberté qui promeut la diversité des auteur.rices et des récits sur scène à travers le dispositif Rendez-vous en liberté qui a permis la mise en place d’une lecture publique et d’une semaine de résidence de recherches. 

 

Le Réel vs la Réalité : un syndrome de dissociation

 

Jusqu’aux Cendres nécessite une écoute attentive et l’introspection. Il nous à fallu trouver l’écrin nécessaire pour que les mots de Paul nous percute pleinement, physiquement. Comment la poésie devient une force de vie face à la brutalité ? C’est là toute la puissance de ce texte qui nous plonge dans la réalité fragmentée d’un personnage qui recompose ses souvenirs, ses pensées, ses sensations et ses désirs parce qu’ils constituent la parole post-traumatique.

 

Le concept immersif : spatial, numérique, sonore, se réfère à la définition du Réel de Jacques Lacan qui pour lui, doit être distingué de la réalité.

«Le réel, c’est quand on se cogne » nous dit-il, afin de nous renvoyer vers l’insupportable, vers l’impossible représentation de la brutalité : ici le viol.

Alors que la réalité, elle, est un filtre qui grâce au langage et à l’imaginaire va nous permettre de s’approcher du réel. Il y a donc un syndrome de dissociation, de détachement nécessaire pour le supporter. Et c’est exactement ce que restitue l’écriture de Paul : une prison mentale où l’on ne sait plus ce qui est vrai.

 

Cette création est donc une tentative de reconstitution de cette prison mentale où le personnage se sent étranger à lui-même et raconte son passé, son présent de façon non linéaire. L’agression sexuelle n’est pas seulement le sujet du texte mais aussi le point de départ de cette reconstitution, presque psychanalytique. En proposant à Hugo Petit de la matérialiser dans un espace virtuel et à Uriel Barthélémi et Hélène Breshand de la composer dans espace sensitif, je souhaite un croisement des imaginaires, pour faire mémoire collective et interroger nos capacités à entendre, très humblement, la parole d’une victime.

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