LE FRIGO

DE COPI

Performance marionnettico-transformiste.

Crée au festival Orbis Pictus 2012.

Conception et interprétation / Julien Royer. .

Regard extérieur / Christine Bruneau.

Scénographie et création lumieres /Manuel Congreta.

Création Costumes / Séverine Gohier.

Création sonore / Vincent Martial.

Régie / Alexandre Roglet.

Construction décor / Alain Royer. 

Avec le soutien du Conseil Général de la Marne.

Production / Collectif Plastics Parasites

Co-production / Le Jardin Parallèle-Reims.

"Je rentre dans le Frigidaire et je referme la porte derrière moi. C'est tout ! Autant moins de dépenses pour ma mère, on n'aura qu'à installer le frigo au milieu du caveau de famille..."

L. est un ancien mannequin trans déchu. Le jour de ses 50 ans, sa mère lui offre un frigo en guise de cadeau d'anniversaire. Objet de provocation ou métaphore de la mort, ce frigo devient  le miroir d'un personnage qui simule sa propre vie, fantasme, écrit ses propres mémoires, joue sa propre folie, pour oublier sa solitude profonde.

Copi nous livre les personnages du Frigo comme des icônes venues d'ailleurs. Dans un mouvement warholien, le travestissement est le seul moyen de se raccrocher au réel dans ce récit déroutant où les apparences sont trompeuses. De l'illusion couturière aux propos politiquement et moralement incorrects, la fausseté est générale.

En écrivant, en dessinant et en jouant ses personnages féminin/masculin dans les années 70, Copi exprime « sa » révolution culturelle, lui, exilé d'Argentine, pays où l'homosexualité conduisait à la prison. Le corps travesti traverse son théâtre, non pas réduit au divertissement de mauvais goût, mais comme une poésie absurde et burlesque, un espace fantasque où l'acteur explose, se métamorphose en  corps-marionnette, en satire du réel. Du grotesque au sublime. Entre détresse et rire profond, 

Le «seul en scène», c'est un peu ce que nous laisse la dramaturgie moderne, il n'est pas question de monologue adressé, mais d'un soliloque futuriste sur la mort. Copi lui-même avait établi de mettre en scène sa propre mort dans plusieurs de ces pièces, le Frigo en fait parti. D'ailleurs sa dernière pièce Une visite inopportune où un malade du sida se meurt à l'hôpital sera à son image, il meurt des mêmes symptômes durant les répétitions. 

Julien Royer. 

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