Parasites

de marius von mayenburg

Création  2022.

Mise en scène  / Julien Royer

Texte  / Marius von Mayenburg

Interprétation / Angel Liegent, Marion Barché, Pauline Méreuze... 

(distribution en cours)

Musique / Cyril Noël

Scénographie / Manon Choserot et Julien Royer

Lumières et vidéos / Florent Chaffiol

Costumes / Jennifer Minard

Administration / Anita Thibaud

Production

Collectif Plastics Parasites

Ringo s’est fait renversé par une voiture et a perdu l’usage de ses jambes, il ne sort plus et vit aux crochets de sa femme. 

Betsi passe son temps à s’occuper des autres, à commencer par son mari en fauteuil roulant et a fini par oublier sa propre tristesse. 

Multscher est un vieil homme seul qui ère devant les supermarchés par ennui. Un jour, il a renversé un jeune homme sur un passage piéton, depuis il souhaite faire don de sa propre vie.

Friderike voudrait que son mec paye pour tout ce qui lui fait subir à commencer par sa grossesse non désirée. Elle envisage le suicide comme un bon argument. 

Petrik se laisse aller totalement, il divague et n’aspire à aucune vie meilleure. Son seul confident est un serpent dans un terrarium.

 

Parasites est une comédie satyrique sur les relations toxiques de dépendances. Tel un vaudeville noir et cruel, les scènes s’enchainent comme des couteaux qu’on lance, et les personnages  avec excès ne s’interdisent plus aucune barrière dans leurs mensonges, leurs manipulations et leurs mauvaises fois. Ils sont accidentés, cloitrés dans leurs appartements en plein été caniculaire et ne peuvent survivre à leurs psychoses qu’aux dépens des uns des autres. 

 

Marius von Mayenburg exprime à travers cette pièce l’idée qu’une société ne peut plus se tenir debout quand les liens sociaux sont rompus, quand il ne reste que l’enfermement et la dépendance. Les personnages vivent dans les quartiers périphériques, ils sont précaires et invisibles. Et à travers les gifles verbales qu’ils s’envoient, ils nous font passer du rire à l’effroi. Si ils donnent l’impression d’être en dehors de la société, des « parasites », leurs sensibilités affirment bien au contraire que c’est la société qui est malade et préjuge de leur inutilité.

C’est une pièce qui donne toute la place aux acteurs et aux actrices pour jouir de leurs personnages, d’en définir les contours visuels comme des clichés télévisuels, à la Strip tease, de les pousser à un certain paroxysme pour mieux défendre ce qu’ils ont de plus humains en eux. 

 

Vivre aux dépens d’un autre, n’est ce pas le but de tout personnage ?

 

Sur une forme qui dérive entre le clown et les outils numériques, je souhaite que ces personnages soient à l’image de ce qui se cache derrière eux :  une société en surchauffe, libéralisée, inadaptée à celles et ceux qui en sont exclues, par leurs dépendances, leurs peurs, leurs maladies, leurs solitudes, leurs pauvretés, leurs traumatismes. Et  qu’on regarde s’auto-détruire et nous tous avec .

 

Julien Royer.