barbe-bleue

D'aNGEL LIEGENT

Création  2020.

À partir de 8 ans.

Texte  / Angel Liegent

Mise en scène  / Julien Royer

Interprétation /  Pauline Méreuze

Musique / Cyril Noël

Scénographie, Marionnettes, masques / Manon Choserot et Julien Royer

Costumes / Jennifer Minard

Administration / Anita Thibaud

Chargée de production / Margot Linard 

Production

Collectif Plastics Parasites

Soutiens 

La Fileuse - friche artistique de Reims 

Le Cellier - Reims 

Remerciements: Maison Vide, Association des Maisons de quartier de Reims.

"Plus j’essaie de vous repousser loin de cet antre maléfique... Plus vous revenez. Nombreux. Vous. Vous les rats."

Le fantôme caché derrière la porte interdite du château nous prévient.

il y’a un ogre là-haut ! L’horrible Barbe-bleue! 

Et si cet ogre n'attendait en fait qu'une seule chose : pousser la jeune fille qu'il vient d'épouser à désobéir, afin d'assouvir son désir de vengeance en donnant la mort à nouveau ?

La curiosité mènera t’elle la jeune fille à consentir à son destin?

«  Approche de la porte tu n’as qu’à tendre main qu’à caresser poignée et tu seras comblée »

J’ai écrit cette version de barbe-bleue avec l’idée d’en faire une sorte d’école pour jeune spectateur, une école de langage dramatique. Pour cela j’y ai d’abord inclus des concepts isolés, la répétition de ces concepts, et des silences entre chaque pour les laisser se diffuser sans forcément toujours les expliquer. 

Scindé en 4 parties distinctes, il y a d’abord du « je » éclaté, du verbe et des mots éparpillés. 

Dans un second temps de vraies phrases commencent à se faire sentir, se construire : un langage se crée jusqu’à un certain point d’équilibre, qui mène à une troisième partie qui n’est plus de l’ordre du langage scénique ; plus soutenue, elle se rapproche de la littérature. 

Enfin, le langage s’accélère encore et encore, pour finir en un bloc dépourvu de toute ponctuation, dépourvu de tout silence. Une logorrhée qui finit par mourir d’épuisement, à mesure que monte l’espoir d'un fantôme figé dans une cave, à mesure également que le personnage du conte originel s’approche de la porte interdite, avec à la main, la clé qu’elle sait ne pas devoir utiliser. 

Mon texte est un croisement des langages, ainsi que le croisement de deux victimes d’un bourreau dénommé barbe-bleue : l’une pourrait se libérer, l’autre s’échouer.

Angel Liegent, auteur.

La version de Barbe-bleue d’Angel Liegent (auteur associé ), librement adaptée du conte de Charles Perrault, a été écrite pour la comédienne Pauline Mereuze. L’auteur s’est attaché à reproduire un univers cathartique propre à celui du conte et de son histoire ancestrale : la tradition orale et l’imaginaire. Pour autant, le texte s’attache à trouver un écho dans notre histoire contemporaine comme un jeu à travers l’oralité et vient questionner les jeunes et moins jeunes spectateurs sur leur rapport à la cruauté, à la peur, à l’interdit et sa transgression et enfin à l’amour. 

 

Le personnage du fantôme est comme un passeur d’histoire, il symbolise la vérité cruelle du conte et vient susciter l’imaginaire en chacun des spectateurs. L’anti-héros. Il incarne dans sa narration tous les personnages qui l’entourent, il connait l’histoire par coeur, l’histoire qui se répète.

 

Le personnage de la jeune fille est un miroir, il reflète le passé du fantôme. La jeune fille est chacun d’entre nous, elle ne connait pas la vérité et croit être poussée par la curiosité en voulant voir ce qu’il y a derrière la porte. Elle est pourtant attirée par ce fantôme et comme une fatalité, elle devra se confronter à l’horreur avant  de consentir ou non à son destin.

 

Le personnage de Barbe-bleue est une figure. Si dans l’imaginaire collectif il est un ogre hideux, assoiffé de sang,  Il emprunte pourtant  la délicatesse comme forme de domination, l’amour comme forme de possession, la richesse comme forme de pouvoir. 

 

Par un univers onirique, le texte  nous questionne sur notre rapport intime à la vie et la mort, l’une ne va pas sans l’autre. Pouvons nous construire un avenir radieux sans nous confronter à toutes les formes de domination ? Pouvons nous aimer sans tentation ? Pouvons nous être libres sans consentir à tous les pouvoirs ? 

Entre masques, marionnettes et écritures visuelles, la comédienne évoluera dans un espace restreint, incarnera tous les personnages et s’attachera à restituer l’histoire de ce fantôme afin de la transmettre comme un bien précieux, un secret. Je souhaite qu’on sursaute de peur, qu’on rit aux éclats, qu’on se questionne sur le destin de la jeune fille, qu’on y croit et qu’on n’y croit pas. 

 

Barbe-bleue c’est un reflet noir, celui qui se dissimule en chacun de nous, à l’intérieur,  comme le fantôme caché derrière la porte. Un instant, laissons le sortir !

Julien Royer, metteur en scène.

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