barbe-bleue

D'aNGEL LIEGENT

Création  2021.

À partir de 11 ans.

Mise en scène / Scénographie : Julien Royer

Texte / dramaturgie : Angel Liegent

Interprétation: Pauline Méreuze

Musiques: Cyril Noël

Créations des marionnettes et masque : Julien Royer

Création lumières et vidéos: Florent Chaffiol

Costumes: Jennifer Minard

Construction décor: Manon Choserot

Production

Collectif Plastics Parasites

Soutiens 

La Fileuse - friche artistique de Reims / Le Cellier - Reims 

Le Petit Lycée -Marseille / Le Jardin Parallèle -Reims

Le spectacle est subventionné par la Ville de Reims.

Remerciements: Maison Vide.

Crédits photos : Alain Hatat.

"Plus j’essaie de vous repousser loin de cet antre maléfique... Plus vous revenez. Nombreux. Vous. Vous les rats."

Le fantôme caché derrière la porte interdite du château est là pour nous prévenir.

Nous. Les rats. il y’a un ogre là-haut !

 

L’horrible Barbe-bleue!

 

Et il n’attend qu’une seule chose. Que la jeune fille qu’il vient d’épouser désobéisse.

Que la curiosité la pousse à commettre l’irréparable, à connaître l’interdit. Il pourra ainsi assouvir son désir de vengeance en lui donnant la mort.

 

Va t’elle consentir à son destin ?

«  Approche de la porte tu n’as qu’à tendre main qu’à caresser poignée et tu seras comblée »

J’ai écrit cette version de barbe-bleue avec l’idée d’en faire une sorte d’école pour jeune spectateur, une école de langage dramatique. Pour cela j’y ai d’abord inclus des concepts isolés, la répétition de ces concepts, et des silences entre chaque pour les laisser se diffuser sans forcément toujours les expliquer. 

Scindé en 4 parties distinctes, il y a d’abord du « je » éclaté, du verbe et des mots éparpillés. 

Dans un second temps de vraies phrases commencent à se faire sentir, se construire : un langage se crée jusqu’à un certain point d’équilibre, qui mène à une troisième partie qui n’est plus de l’ordre du langage scénique ; plus soutenue, elle se rapproche de la littérature. 

Enfin, le langage s’accélère encore et encore, pour finir en un bloc dépourvu de toute ponctuation, dépourvu de tout silence. Une logorrhée qui finit par mourir d’épuisement, à mesure que monte l’espoir d'un fantôme figé dans une cave, à mesure également que le personnage du conte originel s’approche de la porte interdite, avec à la main, la clé qu’elle sait ne pas devoir utiliser. 

Mon texte est un croisement des langages, ainsi que le croisement de deux victimes d’un bourreau dénommé barbe-bleue : l’une pourrait se libérer, l’autre s’échouer.

Angel Liegent, auteur.

La version de Barbe-bleue d’Angel Liegent (auteur associé ), librement adaptée du conte de Charles Perrault, a été écrite pour la comédienne Pauline Mereuze. L’auteur s’est attaché à reproduire un univers cathartique propre à celui du conte et de son histoire ancestrale : la tradition orale et l’imaginaire. Pour autant, le texte s’attache à trouver un écho dans notre histoire contemporaine comme un jeu à travers l’oralité et vient questionner les jeunes et moins jeunes spectateurs sur leur rapport à la cruauté, à la peur, à l’interdit et sa transgression. 

 

Le personnage du fantôme est comme un passeur d’histoire, il symbolise la vérité cruelle du conte et vient susciter l’imaginaire en chacun des spectateurs. L’anti-héros. Il incarne dans sa narration tous les personnages qui l’entourent, il connait l’histoire par coeur, l’histoire qui se répète.

 

Le personnage de la jeune fille est un miroir, il reflète le passé du fantôme. La jeune fille est chacun d’entre nous, elle ne connait pas la vérité et croit être poussée par la curiosité en voulant voir ce qu’il y a derrière la porte. Elle est pourtant attirée par ce fantôme et comme une fatalité, elle devra se confronter à l’horreur avant  de consentir ou non à son destin.

 

Le personnage de Barbe-bleue est une figure. Si dans l’imaginaire collectif il est un ogre hideux, assoiffé de sang,  Il emprunte pourtant  la délicatesse comme forme de domination, l’amour comme forme de possession, la richesse comme forme de pouvoir. 

 

Par un univers onirique, le texte  nous questionne sur notre rapport intime à la vie et la mort, l’une ne va pas sans l’autre. Pouvons nous construire un avenir radieux sans nous confronter à toutes les formes de domination ? Pouvons nous aimer sans tentation ? Pouvons nous être libres sans consentir à tous les pouvoirs ? 

Entre masques, marionnettes et écritures visuelles, la comédienne évoluera dans un espace restreint, incarnera tous les personnages et s’attachera à restituer l’histoire de ce fantôme afin de la transmettre comme un bien précieux, un secret. Je souhaite qu’on sursaute de peur, qu’on rit aux éclats, qu’on se questionne sur le destin de la jeune fille, qu’on y croit et qu’on n’y croit pas. 

 

Barbe-bleue c’est un reflet noir, celui qui se dissimule en chacun de nous, à l’intérieur,  comme le fantôme caché derrière la porte. Un instant, laissons le sortir !

Julien Royer, metteur en scène.

dossier de diffusion